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30 avril 2007

La place de François Bayrou dans l’entre deux tour.

François Bayrou est devenu le « centre » de cette campagne (enfin !! diront les plus optimistes)… J’entends certains le lui reprocher… Mais franchement…La faute à qui ? Contrairement aux deux finalistes, Bayrou, lui, proposait l’ouverture (à droite comme à gauche) depuis le début. Alors ! Que l’ UMP et le PS s’adonnent grossièrement à la pêche aux voix centristes maintenant que le centre ne représente plus une menace pour eux, ce n’est quand même pas de la faute à Bayrou… Et personne ne se dit : « c’est tout de même surprenant !! Ce que l’UMP et le PS qualifiaient d’impensable (rassembler au delà des partis) au point que celui qui le proposait (Bayrou) était traité d’imposteur. Et bien, d’un coup, tous deux considèrent cela finalement envisageable. Soudainement, ils se trouvent tous deux des envies d’ouvertures et de rassemblement large. » Et personne ne dit « finalement ils nous ont bien pris pour des cons, c’est Bayrou qui avait raison ! ». Non, tout le monde continue à boire la soupe de Royal et de Sarkozy qui chacun à sa manière instrumentalise la position pourtant tout simplement cohérente de François Bayrou : rester ouvert.
Bayrou tire-t-il la couverture à lui ? Il ne donne pas de consignes de vote (c’est déjà une révolution à l’UDF), laisse les membres de l’UDF exprimer leur position et reste critique à l’égard des deux candidats, les critiques n’étant évidemment pas de même nature… Mais comment peut-on lui reprocher d’avoir accepter un débat proposé par Ségolène Royal… Royal qui sait bien qu’elle ne pourra rien faire sans draguer le centre, propose un débat contradictoire, Bayrou qui n’avait rien demandé, l’accepte. Il se rend disponible pour un débat avec Nicolas Sarkozy qui lui, refuse… Soit
Et l’UMP nous parlent de débat anti-démocratique ! Depuis quand la discussion est anti-démocratique ? Le traditionnel débat télévisé entre les deux finalistes est- il plus démocratique ? Ce débat-là n’a pas toujours été une institution, il a bien fallu pourtant que cela commence… Et quelle aurait été la nécessité d’un débat entre l’un des deux finalistes et le troisième en 81, en 88 ou en 95 puisque le troisième avait toujours donné une consigne de vote qui pour chacun était dans l’ordre des choses… Mais là, il faut vraiment croire que le débat politique est aussi binaire qu’une confrontation sportive pour penser que le programme et la posture de Bayrou est conciliable avec une consigne de vote tranchée… alors si un débat est nécessaire, c’est la démocratie qui gagne en tout cas elle n’y perd rien, et affirmer l’inverse est digne de la plus aboutie des mauvaises fois politiciennes…

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