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30 mai 2007
Sociaux-démocrates du PS, vous n'avez plus de temps à perdre !
L'UMP c'est du solide! En tout cas pour le moment! Elle bénéficie à la fois des fruits de sa bonne stratégie et de la conjoncture favorable qui voit tous ses concurrents en fin de cycle, voire en bout de course...
Bonne stratégie car intelligente, cela ne veut pas dire qu'elle fut honnête. Quand un parti se construit autour d'un objectif (Union pour la Majorité Présidentielle), avant de se construire autour d'une vision, même un recadrage en Union pour un Mouvement Populaire ne respire pas la grandeur d'esprit... Et pourtant ça marche! Quand on parle de rouleau compresseur l'image est à peine exagérée...
Et dans le même temps, il n'y a plus grand monde pour résister à tout ça... Le PS termine sa déliquescence entamée depuis longtemps, le choc de ses éléphants devient un divertissement comme peut l'être la visite d'un zoo et la découverte de beaux animaux sauvages... en cage! Le PS est devenu une cage! Le virage social-démocrate tenté au début des années 90 n'a jamais était franchement assumé. Entre 92 et 95, pas moins de trois secrétaires se succèdent à la tête du parti, Laurent Fabius, Michel Rocard et Henri Emmanuelli dans des conditions mettant en lumière tant les contradictions que les confrontations qui existent au sein du parti... Le retrait de Jacques Delors à la présidentielle de 95 est le point d'orgue de la non construction d'un Parti social-démocrate et révèle en réalité une crise inextricable. La seule victoire que le PS aura su allé chercher par la suite tiendra plus de l'erreur stratégique de Jacques Chirac de dissoudre l'assemblée alors que l'impopularité de son premier ministre Alain Juppé avait battu tous les records. Victoire emportée sur le principe de la "gauche plurielle". On est loin, très loin d'une social-démocratie affirmée...
Alors maintenant, certains attendent beaucoup de DSK. Sans entrer dans le débat de fond sur les positions de DSK (à savoir : est-il vraiment l'homme de la situation?), ne considèrent-ils pas que le pays a perdu assez de temps. Certes François Hollande va laisser la place... mais en 2008! Et DSK est loin d'être le favori pour succéder à François Hollande. Les spectres des anciennes alliances socialo-communistes sont encore bien présents au sein du PS et s’ils ne l'emportent pas, le PS ne préférera-il pas de toute façon, plutôt que de prendre le chemin DSK, prendre la voix Royal compte tenu de l'élan né de l'élection présidentielle. Alors pour espérer, DSK n'a plus qu'à attendre un véritable camouflet de son propre parti aux législatives, pour avoir le plus de chance de ramasser les morceaux, comme on l'a déjà vu faire pendant la présidentielle. Est-ce une attitude digne d'un homme qui doit être en mesure de faire bouger les choses. Dans tous les cas le PS a perdu beaucoup de temps et il n'est pas sûr qu'il arrête d'en perdre... La gauche a bout de souffle va encore perdre les élections...
Quand on compare tout cela au parcours de François Bayrou, on se rend un peu plus compte du chemin accompli... Depuis 94 et son arrivée à la présidence du Centre des Démocrates Sociaux, l'évolution fut constante, rigoureuse et toujours dans le même sens. De Force Démocrate à la présidence de l’UDF, de la liste UDF indépendante aux Européennes de 99 à la nouvelle UDF en 2000, de la résistance face à l'aspirateur UMP en 2002 au vote de la motion de censure à l’assemblée en 2006. De l’indépendance enfin gagnée de l’UDF, le Parti libre au lancement annoncé depuis longtemps du MoDem… Tout est là ! Et quand on voit le temps qu'il faut pour faire bouger les appareils, pour effriter les mentalités, pour convaincre les électeurs, intermittents de l'engagement politique, alors on se dit que le PS est loin, très loin d'arriver à quelque chose dans des délais acceptables... La question est : quand est-ce que les électeurs sociaux-démocrates du PS vont se réveiller ?
Car si l'on a parfois reproché à Bayrou d'avoir le cul entre deux chaises, la réalité est tout autre : c'est le PS qui a le cul entre deux chaises et cela depuis bientôt 20 ans...
La base large de l’électorat du PS est une base ancrée à gauche et le courant social-démocrate (Strauss-Khaniens entre autres) ne pourra pas s'imposer sans heurts à la tête du parti. Il faudra au moins autant de temps à DSK, voire à Ségolène Royal pour imposer la social-démocratie à l’électorat large du PS, qu’il a fallu de temps à François Bayrou pour redonner du sens au centre, pour réaffirmer la différence des démocrates-chrétiens face aux gaullistes et aux conservateurs, pour faire le tri (parfois malgré lui!), pour convaincre ses militants et ses électeurs non pas sur une image d'Epinal mais sur la réalité d'une vision... c'est ainsi que François Bayrou a réussi à créer une réelle base populaire qui se reconnaît dans un projet clair. Une base populaire que l’UDF n’avait jamais réellement eu !
Biensûr le MoDem n'est pas social-démocrate (la place de l'intervention de l'état dans le processus économique par exemple est une différence majeure), mais si l'on essaye d'observer l'offre politique récente, il est la meilleure proposition que les sociaux-démocrates peuvent attendre, car le chemin emprunté par le PS, je le répète, risque fort de connaître encore et encore des détournements périlleux...
La gauche est en bout de course alors que le centre est en fin de cycle : que l'UMP en profite encore un peu... Car l'avantage d'une fin de cycle c'est qu'elle en ouvre en général un nouveau, et ce nouveau cycle du centre est le fruit de 10 ans de maturation.
Le MoDem est une graine qui peut pousser très vite... Pour cela il faut du soleil (comprendre exposition médiatique) et un peu moins de mauvaises herbes et de parasites... Rien n'est gagné...
01:35 Publié dans Au fil du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








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