05 juin 2007

Centre droit / centre gauche

La dénomination centre droit et centre gauche est surtout la résultante du clivage traditionnel gauche/droite. Le "centre droit", ce sont les démocrates-chrétiens qui allient libéralisme économique et vision sociale à un système de valeur chrétien de défense des plus démunis, d'égalité et de fraternité en même temps que de rigueur et de respect de l’autre. Les démocrates-chrétiens se caractérisent également par leur implication dans la construction européenne (Schuman, Pflimlin, Lecanuet, Bayrou). Le "centre gauche" correspond aux sociaux-démocrates qui représente une sorte de gauche réaliste qui conserve sa vocation sociale tout en prenant conscience de l'importance d'une bonne santé économique et donc qui intègre et accepte les règles de l'économie de marché en sortant du dogmatisme communiste de lutte contre le capitalisme. Le PS aurait dû se situer au centre gauche depuis bien longtemps mais il est tiraillé en son sein entre les sociaux-démocrates (type DSK) et les socialo-communistes (type Emmanuelli). En fait ces deux "centres" sont très proches, ils n'ont juste pas la même histoire, pas la même origine, pas la même trajectoire, mais se retrouvent sur bien des points. Le principal point de désaccord entre ces deux familles politiques réside sûrement dans la conception de l'Etat : les sociaux-démocrates sont encore attachés à la relance économique par le biais de l'Etat (hérité de Keynes), les démocrates-chrétiens sont plus libéraux. Mais il y a un écart au moins aussi grand sinon plus entre les socialos-communistes et les sociaux-démocrates à gauche, entre les démocrates-chrétiens et les néo-conservateurs à droite qu'entre les sociaux-démocrates et les démocrates-chrétiens au centre ! Ils sont adversaires plus historiquement qu’idéologiquement, principalement en raison de la division de la planète en deux camps lors de la guerre froide, mais après la Perestroïka et la chute du mur de Berlin, ils ne sont séparés plus que par un "mur de verre" pour reprendre la formule de François Bayrou, un mur psychologique. De plus le jeu des alliances qui a vu Mitterand se rapprocher des communistes à la fin des années 70, et l’UDF, depuis la défaite de Giscard D’estaing, devenir le toutou des gaullistes rend périlleux toute initiative de changement d’alliés. A présent les gaullistes ne sont plus au pouvoir, l’UMP a mis le cap plus à droite et le centre doit enfin prendre ses responsabilités pour faire vivre un courant de pensée sûrement majoritaire en France (majoritairement inconscient ou inconsciemment majoritaire ?). D'où l'importance de créer un parti centriste qui regroupe ces sensibilités, un mouvement dont le nom de démocrate, en tant que composante de deux grands courants de pensées, prend tout son sens !

Ecrire un commentaire