08 juin 2007

Aziz Senni, Azouz Begag et Gregory Perrin.

Aziz Senni, Azouz Begag et Gregory Perrin... 3 candidats Modem pour les législatives !

Même combat !

Des hommes qui, chacun à leur manière se sont battu pour s'en sortir, qui ont gagné par leur parcours atypique la notion du mérite et du travail (chère à Sarkozy) mais qui ont su garder la main tendue.
Car quand on sait à quel point c'est dur d'arriver, c'est criminel d'oublier d'où l'on est parti !

Aziz Senni est né au Maroc, il est arrivé au Val-Fourré à Mantes-la-Jolie (Yvelines) à l’âge de 2 ans. Après l'obtention d'un BTS de transports logistiques, il a créé la société de taxis collectifs "Alliance Transport Accompagnement" (ATA). Il a écrit un livre dont le titre veut tout dire : L'ascensceur social est en panne, j'ai pris l'escalier. Il a redistribué les premiers droits d'auteur que lui a fait gagné ce livre sous forme de bourses à des jeunes collègiens mantois...
Bref, il n'oublie pas d'où il vient en aidant ces jeunes (même si c'est très symbolique), il n'oublie pas d'où il vient puisqu'il s'y présente (ce n'est pas un parachuté), il n'oublie pas d'où il vient puisqu'il est fidèle : je vous invite à lire ce billet d'Aziz Senni.

LE BLOG D'AZIZ SENNI


Azouz Begag est beaucoup plus connu, il a marqué son temps avec son livre Le gone de Chaâba, superbement adapté au cinéma par Christophe Ruggia avec entre autres Fellag dans le rôle du père d'Azouz. Aujourd'hui chercheur en économie et en sociologie au CNRS, et bien sûr homme politique, il relate dans ce livre son parcours qui commence au bidonville du Chaâba près de Lyon, où l'Etat français avait entassé la main d'oeuvre immigré en attendant de la loger dans des tours HLM pour finir là où l'on sait...

LE BLOG D'AZOUZ BEGAG


Gregory Perrin enfin, est aujourd'hui trader (cadre financier sur les marchés boursiers) dans une des plus grandes banques françaises. Et cela malgré qu'un grave accident de voiture l'ait condamné, à l'age de 17 ans, à vivre en fauteuil roulant, tétraplégique. Il raconte dans son livre Debout ! , toutes les luttes qu'il a mené pour en arriver là où il est aujourd'hui... luttes qu'il continue de mener pour défendre les personnes handicapées exclues de notre société.

LE BLOG DE GREGORY PERRIN

Tous autant que nous sommes, nos handicaps ne sont pas tous de même nature. Certains sont en fauteuil, d'autres n'ont pas la bonne couleur de peau, certains sont sourds, d'autres ne savent pas lire. Nombreux ne sont pas nés dans le bon milieu social...
Je trouve que ces trois hommes se ressemblent. Chacun avec son livre offre l'histoire de son combat et nous rappelle qu'il y a encore des hommes pour qui partir de loin n'est pas une fin de non-recevoir, et qu'arriver enfin n'est pas une fin en soi...

31 mai 2007

L'ouverture du gouvernement Fillon ou la confusion des genres.

Kouchner, Jouyet, Besson, Morin...

Face à Hortefeux, Dati, Bertrand ou Karoutchi...


Si l'on compare ce que Kouchner, Jouyet ou Besson sont aux au PS et ce que Morin est à l'UDF à ce que Hortefeux, Dati, Bertrand ou Karoutchi sont non pas à l'UMP mais à Sarkozy, alors on peut se dire que l'ouverture est très relative. Mais certains diront, que cette proportion est normale et que l'ouverture existe malgré tout. Et ce n'est pas complétement faux, mais en fait le choix des personalités invitées au gouvernement est secondaire. L'ouverture de Sarkozy semble plus relever de la stratégie que de la vision politique. D'une pierre, deux coups ! L'ouverture de Sarkozy, c'est à la fois déstabiliser encore un peu plus le PS et tuer le discours de Bayrou. A ceux qui ne s'interessent pas au fond des choses, qui s'arrêtent à la forme, Sarkozy peut toujours laisser entendre : "Quel interet de voter Bayrou ? Ce qu'il propose, moi, je le fais !". Cette affirmation est bien sûr une manipulation. Mais ce n'est pas non plus le plus grave.

Au delà de tout cela, ce qui pose le plus de problème c'est que Sarkozy brouille les cartes en permanence : Il est quand même l'homme qui a réussi, disent tous les observateurs politiques, a faire gagner une "droite décomplexée". Loin du Chirac de 95 et de sa fracture sociale (positionnement stratégique concocté par Guaino, le même qui écrit aujourd'hui les discours de Sarkozy), Sarkozy assume son statut d'homme de droite, franchement de droite. Alors quand lors de la campagne, cet homme de droite pur et dur, cite Blum et Jaurès, le seul effet produit, c'est qu'on n'y comprend plus rien. Et quand l'électeur n'y comprend plus rien face à un homme qui multiplie les réflexions qui le dépasse, si cet homme est sensé représenter une élite intellectuelle (le politique en est une), l'électeur se dit même inconsciemment : "De toute façon, tout ça me dépasse car je n'ai pas toutes les cartes en main, laissons ces consdérations aux experts, il doit savoir ce qu'il dit, je lui fais confiance". Si dès que le doute s'installe dans la tête d'un électeur assez peu averti sur l'histoire politique (et il n'est pas du devoir de chacun de l'être, il faut respecter cela!), il se noie dans des infos contradictoires, l'alternative qu'il choisira le plus souvent sera de se décourager, de ne pas creuser d'avantage les incohérences et de se rabattre sur des choses rassurantes, que peut être par exemple un vote "traditionnel et conservateur". C'est sur ce point précis que Sarkozy est une menace pour Bayrou. Bayrou propose une réflexion honnête en intégrant dans le débats des nuances et des idées complexes mais cohérentes qui appellent à une remise en cause de certains principes, à cela Sarkozy répond par des idées comlplexes et incohérentes. Incohérentes comme s'ouvrir à une des figures emblématiques du PS (du moins aux yeux de l'électorat) alors qu'il a réfuté l'ouverture jusqu'au soir du premier tour. L'effet produit c'est que l'idée de l'ouverture devient floue, elle ne veut plus rien dire, et Bayrou qui la défendait par le rassemblement et non par l'introduction d'individualités perd un peu plus de terrain, car cette nuance bien que primordiale est vite exclue par l'électeur un peu perdu !

A voir, un extrait d'un film de Thomas Lacoste : "Réfutations", charge anti-sarko qui propose de multiples interventions de "chercheurs et militants". Tout n'est pas bon, il y a parfois des propos un peu trop "militants" et forcement pas très objectifs, mais parmi les quelques très bonnes interventions, celle d'Eric Fassin mérite une attention particulière tant tout ce qu'il dit illustre parfaitement ce qui se passe aujourd'hui.

Eric FASSIN décrypte Nicolas SARKOZY

30 mai 2007

Arcade Fire, deuxième !

Decidemment, le MoDem aime Arcade Fire ou en tout cas, quelqu'un au MoDem aime Arcade Fire !
Après le titre "Rebellion (Lies)" pour les présidentielles, c'est au tour du titre "Neighborhood #1 (Tunnels)", tiré également de l'album "Funeral", d'être employé pour le clip de campagne des législatives.
C'est vrai que les splendides envolées lyriques de ce groupe canadien absolument génial se marient à merveille avec les invectives de François Bayrou...

Que ceux qui ont choisi ce groupe pour accompagner les campagnes de l'UDF et du MoDem soient bénis !!!
J'espère juste que le 5ème titre de l'album n'est pas prémonitoire pour le MoDem : "une année sans lumière".


"Purify the colours, purify my mind.
Purify the colours, purify my mind,
and spread the ashes of the colours over this heart of mine!"


Question : Les Arcade Fire sont-ils au courant de l'interet que portent les démocrates français à leur bonne musique ?

Sociaux-démocrates du PS, vous n'avez plus de temps à perdre !

L'UMP c'est du solide! En tout cas pour le moment! Elle bénéficie à la fois des fruits de sa bonne stratégie et de la conjoncture favorable qui voit tous ses concurrents en fin de cycle, voire en bout de course...
Bonne stratégie car intelligente, cela ne veut pas dire qu'elle fut honnête. Quand un parti se construit autour d'un objectif (Union pour la Majorité Présidentielle), avant de se construire autour d'une vision, même un recadrage en Union pour un Mouvement Populaire ne respire pas la grandeur d'esprit... Et pourtant ça marche! Quand on parle de rouleau compresseur l'image est à peine exagérée...
Et dans le même temps, il n'y a plus grand monde pour résister à tout ça... Le PS termine sa déliquescence entamée depuis longtemps, le choc de ses éléphants devient un divertissement comme peut l'être la visite d'un zoo et la découverte de beaux animaux sauvages... en cage! Le PS est devenu une cage! Le virage social-démocrate tenté au début des années 90 n'a jamais était franchement assumé. Entre 92 et 95, pas moins de trois secrétaires se succèdent à la tête du parti, Laurent Fabius, Michel Rocard et Henri Emmanuelli dans des conditions mettant en lumière tant les contradictions que les confrontations qui existent au sein du parti... Le retrait de Jacques Delors à la présidentielle de 95 est le point d'orgue de la non construction d'un Parti social-démocrate et révèle en réalité une crise inextricable. La seule victoire que le PS aura su allé chercher par la suite tiendra plus de l'erreur stratégique de Jacques Chirac de dissoudre l'assemblée alors que l'impopularité de son premier ministre Alain Juppé avait battu tous les records. Victoire emportée sur le principe de la "gauche plurielle". On est loin, très loin d'une social-démocratie affirmée...
Alors maintenant, certains attendent beaucoup de DSK. Sans entrer dans le débat de fond sur les positions de DSK (à savoir : est-il vraiment l'homme de la situation?), ne considèrent-ils pas que le pays a perdu assez de temps. Certes François Hollande va laisser la place... mais en 2008! Et DSK est loin d'être le favori pour succéder à François Hollande. Les spectres des anciennes alliances socialo-communistes sont encore bien présents au sein du PS et s’ils ne l'emportent pas, le PS ne préférera-il pas de toute façon, plutôt que de prendre le chemin DSK, prendre la voix Royal compte tenu de l'élan né de l'élection présidentielle. Alors pour espérer, DSK n'a plus qu'à attendre un véritable camouflet de son propre parti aux législatives, pour avoir le plus de chance de ramasser les morceaux, comme on l'a déjà vu faire pendant la présidentielle. Est-ce une attitude digne d'un homme qui doit être en mesure de faire bouger les choses. Dans tous les cas le PS a perdu beaucoup de temps et il n'est pas sûr qu'il arrête d'en perdre... La gauche a bout de souffle va encore perdre les élections...
Quand on compare tout cela au parcours de François Bayrou, on se rend un peu plus compte du chemin accompli... Depuis 94 et son arrivée à la présidence du Centre des Démocrates Sociaux, l'évolution fut constante, rigoureuse et toujours dans le même sens. De Force Démocrate à la présidence de l’UDF, de la liste UDF indépendante aux Européennes de 99 à la nouvelle UDF en 2000, de la résistance face à l'aspirateur UMP en 2002 au vote de la motion de censure à l’assemblée en 2006. De l’indépendance enfin gagnée de l’UDF, le Parti libre au lancement annoncé depuis longtemps du MoDem… Tout est là ! Et quand on voit le temps qu'il faut pour faire bouger les appareils, pour effriter les mentalités, pour convaincre les électeurs, intermittents de l'engagement politique, alors on se dit que le PS est loin, très loin d'arriver à quelque chose dans des délais acceptables... La question est : quand est-ce que les électeurs sociaux-démocrates du PS vont se réveiller ?
Car si l'on a parfois reproché à Bayrou d'avoir le cul entre deux chaises, la réalité est tout autre : c'est le PS qui a le cul entre deux chaises et cela depuis bientôt 20 ans...
La base large de l’électorat du PS est une base ancrée à gauche et le courant social-démocrate (Strauss-Khaniens entre autres) ne pourra pas s'imposer sans heurts à la tête du parti. Il faudra au moins autant de temps à DSK, voire à Ségolène Royal pour imposer la social-démocratie à l’électorat large du PS, qu’il a fallu de temps à François Bayrou pour redonner du sens au centre, pour réaffirmer la différence des démocrates-chrétiens face aux gaullistes et aux conservateurs, pour faire le tri (parfois malgré lui!), pour convaincre ses militants et ses électeurs non pas sur une image d'Epinal mais sur la réalité d'une vision... c'est ainsi que François Bayrou a réussi à créer une réelle base populaire qui se reconnaît dans un projet clair. Une base populaire que l’UDF n’avait jamais réellement eu !
Biensûr le MoDem n'est pas social-démocrate (la place de l'intervention de l'état dans le processus économique par exemple est une différence majeure), mais si l'on essaye d'observer l'offre politique récente, il est la meilleure proposition que les sociaux-démocrates peuvent attendre, car le chemin emprunté par le PS, je le répète, risque fort de connaître encore et encore des détournements périlleux...
La gauche est en bout de course alors que le centre est en fin de cycle : que l'UMP en profite encore un peu... Car l'avantage d'une fin de cycle c'est qu'elle en ouvre en général un nouveau, et ce nouveau cycle du centre est le fruit de 10 ans de maturation.
Le MoDem est une graine qui peut pousser très vite... Pour cela il faut du soleil (comprendre exposition médiatique) et un peu moins de mauvaises herbes et de parasites... Rien n'est gagné...

25 mai 2007

Merci à la maison du bricolage LEROY-MORIN

Le tout jeune Parti Social Libéral Européen de Leroy-Morin vient de livrer ses candidats pour les législatives, on y trouve des membres de la famille et des proches des parlementaires sortants révélant, si besoin était, un parti fantôme fait de bric et de broc. Un grand moment de rigolade !
Un grand merci aux 2 bricoleurs du PSLE, Leroy-Morin ! Alors que vous aviez bon nombre d’atouts en main malgré (ou grâce à) l’indigence de votre combat politique, alors que vous étiez en position de force, malgré (ou grâce à) votre parcours félon, malgré cela, vous avez réussi ce que même vos pires ennemis n’espéraient plus, vous avez réussi à faire tomber vos masques, tout seuls. On appelle ça : se tirer une balle dans le pied. Epouses, oncles, chauffeurs… Veaux, vaches, cochons… Vous êtes devenus l’incarnation de la politique que vous condamniez, avant le premier tour de la présidentielle. Vous êtes magnifiques… Et avec quel timing parfait ! Vos listes de parlementaires synchros avec le lancement du Modem… Du fond du cœur les bricoleurs, je vous remercie… Je commençais à m’épuiser à devoir toujours convaincre mes proches qu’à l’UDF, les hommes de pailles étaient ceux qui venaient de quitter le navire alors que vous aviez réussi à insinuer dans la tête des gens que les hommes de pailles étaient ceux qui étaient restés à bord.
Et grâce à votre sens tactique d'une vulgarité abyssale, ceux qui pensaient Bayrou isolés et non représentatifs de l'UDF juste parce qu'il avait été lâché par 22 députés sur 29 peuvent se rendre compte que vous, les 22 députés, vous n’avez de « leader » que le statut, pas la stature. Statut de simples parlementaires auquel on comprend pourquoi maintenant vous vous accrochez… Grâce aux bidouillages grossiers du nouveau PSLE, chacun pourra enfin se rendre compte que vous surfez sur du vent et que l’ UDF, le vrai, que vous revendiquiez n’est pas derrière vous. Vous avez prouvé que l’UDF était derrière son leader, son vrai leader. N’empêche ! Dans cet univers médiatique où la communication compte malheureusement plus que le débat d’idées, vous venez de filer un sacré coup de pouce aux démocrates, bien malgré vous.
Bayrou n'a pas trahi l’UDF, vous avez trahi l’UDF. Bayrou n’est pas isolé, il est suivi par la tête et par les jambes de l'UDF et même au-delà avec le lancement du Modem... et au contraire, ce sont les carriéristes qui en rejoignant l'UMP se sont isolés... On parle parfois de traversée du désert, j’espère et je crois que le Modem aura un groupe parlementaire. Tout le monde est à peu près sûr que le PSLE aura un groupe parlementaire mais si la traversée du désert se prolonge à l’UDF pour 5 années de plus, vous n’en serez pas exempts. Pour vous ce sera la traversée du désert de vos propres consciences...

30 avril 2007

La place de François Bayrou dans l’entre deux tour.

François Bayrou est devenu le « centre » de cette campagne (enfin !! diront les plus optimistes)… J’entends certains le lui reprocher… Mais franchement…La faute à qui ? Contrairement aux deux finalistes, Bayrou, lui, proposait l’ouverture (à droite comme à gauche) depuis le début. Alors ! Que l’ UMP et le PS s’adonnent grossièrement à la pêche aux voix centristes maintenant que le centre ne représente plus une menace pour eux, ce n’est quand même pas de la faute à Bayrou… Et personne ne se dit : « c’est tout de même surprenant !! Ce que l’UMP et le PS qualifiaient d’impensable (rassembler au delà des partis) au point que celui qui le proposait (Bayrou) était traité d’imposteur. Et bien, d’un coup, tous deux considèrent cela finalement envisageable. Soudainement, ils se trouvent tous deux des envies d’ouvertures et de rassemblement large. » Et personne ne dit « finalement ils nous ont bien pris pour des cons, c’est Bayrou qui avait raison ! ». Non, tout le monde continue à boire la soupe de Royal et de Sarkozy qui chacun à sa manière instrumentalise la position pourtant tout simplement cohérente de François Bayrou : rester ouvert.
Bayrou tire-t-il la couverture à lui ? Il ne donne pas de consignes de vote (c’est déjà une révolution à l’UDF), laisse les membres de l’UDF exprimer leur position et reste critique à l’égard des deux candidats, les critiques n’étant évidemment pas de même nature… Mais comment peut-on lui reprocher d’avoir accepter un débat proposé par Ségolène Royal… Royal qui sait bien qu’elle ne pourra rien faire sans draguer le centre, propose un débat contradictoire, Bayrou qui n’avait rien demandé, l’accepte. Il se rend disponible pour un débat avec Nicolas Sarkozy qui lui, refuse… Soit
Et l’UMP nous parlent de débat anti-démocratique ! Depuis quand la discussion est anti-démocratique ? Le traditionnel débat télévisé entre les deux finalistes est- il plus démocratique ? Ce débat-là n’a pas toujours été une institution, il a bien fallu pourtant que cela commence… Et quelle aurait été la nécessité d’un débat entre l’un des deux finalistes et le troisième en 81, en 88 ou en 95 puisque le troisième avait toujours donné une consigne de vote qui pour chacun était dans l’ordre des choses… Mais là, il faut vraiment croire que le débat politique est aussi binaire qu’une confrontation sportive pour penser que le programme et la posture de Bayrou est conciliable avec une consigne de vote tranchée… alors si un débat est nécessaire, c’est la démocratie qui gagne en tout cas elle n’y perd rien, et affirmer l’inverse est digne de la plus aboutie des mauvaises fois politiciennes…

29 avril 2007

Pourquoi je voterai blanc le 6 mai

Après le qualification pour le deuxième tour de la présidentielle de Jean-Marie Le Pen en 2002, faire travailler des hommes et des femmes de bords différents dans un gouvernement d’union national autour d’un projet républicain fort aura été, tout au long de la campagne, le projet défendu par François Bayrou, moqué et stigmatisé par le PS et l’UMP. Maintenant que ces deux partis se retrouvent au second tour, chacun appel à l’union avec le centre alors que tous deux ont lourdement penché vers leurs extrêmes. J’espère que tous leurs électeurs se rendent compte comme ils ont été floués.
J'espère que tout le monde était devant sa télé le 22 avril au soir, pour pouvoir apprécier la nouvelle attitude des représentants de l'UMP et du PS qui ont soudainement adouci leurs virulents propos envers François Bayrou, rangeant au placard les phrases assassines et les coups bas maintenant que l’ora(n)ge est passé… J'espère que tout le monde a pu apprécier comme chacun tour à tour, de Coppé à Montebourg, a joliment fait sa putain pour ne pas braquer les électeurs UDF qui ne sont maintenant plus que de vulgaires voix à « récupérer ». J'espère que tout le monde apprécie le changement de posture… Ceux-là mêmes qui traitaient le centriste d’« imposteur » dans son désir de s’ouvrir sur sa droite et sur sa gauche, ceux-là mêmes qui après avoir pioché dans l’électorat de leur extrême respectif sont prêts à « construire avec le centre »… Qui sont les imposteurs ? Où est l’honnêteté politique ? Le seul qui n'aurait pas changé de posture ce soir en passant ce premier tour, puisqu'il avait appelé à l'union dès le début entre les centre-droits et les centre-gauches, n’a fini que troisième. Je suis un électeur de François Bayrou et je ne suis pas à « récupérer », j’ai voté pour lui par adhésion absolue comme j’avais déjà voté pour lui en 2002, et aujourd’hui je dois me résigner à attendre 5 ans de plus avant que la France renoue avec un grand président. Adhérer à son discours, c’est forcément rejeter profondément la manière de faire de la politique selon cet UMP et selon ce PS. Ils ont beau se défendre de quelconques manœuvres, leurs discours démagogiques ressemblent à une grande distribution de soupe populaire… J’en veux énormément à ceux des deux camps qui auraient pu et dû saisir les mains tendues par le centre et qui ont préféré se rabattre sur leur gauche et sur leur droite. Comment peut-on accepter d’entendre Jean-louis Borloo balancer sans rougir sur TF1 : « La machine à broyer l'UDF n'a pas fonctionné » et qu’il faut prendre en compte « l'exigence que des gens qui n'ont pas exactement la même opinion puissent bâtir ensemble » ? De quel ensemble parle-t-il ? Comment peut-on supporter la posture de Dominique Strauss-Khan qui depuis sa défaite aux primaires s’est mis sur veille, assurant son soutien à Madame Royal juste assez fortement pour contrer la tentation Bayrou de l’électorat socialiste lassé de son appareil, et juste assez timidement pour laisser sa rivale se fracasser et pouvoir ramasser les miettes de l’après Hollande ? Comment peut-on supporter PS et UMP se disputant la légitimité du report des voix de l’UDF, sur le plateau de France 2, sans même dénier s’adresser à Jean-Marie Cavada, présent sur le plateau, qui à sa prise de parole a subtilement souligné la « patience » dont il a fait preuve… Tous ces gens-là ne sont pas à la hauteur de l’enjeu énorme que revêtait cette présidentielle dont l’issue est à présent confiée aux deux candidats les plus démagos… J’espère que le nouveau parti du centre se fera sans ces gens, avec de nouvelles têtes et de nouveaux élans.

Ils veulent gouverner avec ma voix de centriste ? Mais ma voix n’est pas compatible avec les extrémismes de droite et de gauche…
Et Bayrou ayant ratissé au centre, le PS et l’UMP n’ont pas hésité à piocher largement dans leurs extrêmes respectifs, pour continuer à exister…
Pour faire baisser le score de Le Pen, Sarko a trouvé la solution : plutôt que de chasser les idées du FN de la République, il les y a fait entrer. Je ne voterai pas pour cet homme.
Alors la tentation est grande de voter contre le petit caporal Sarko qui parle d’ouverture, de respect et de débat d’idées maintenant qu’il sait son plus dangereux adversaire éliminé sans qu’il n’y ait eu de confrontation.
Mais pour cela, il faudrait voter pour ce PS qui, plutôt que de se remettre en question après la débâcle de 2002, a remis en cause son électorat en stigmatisant les électeurs de gauche qui ne votaient pas « utile », se faisant en dépouillant les petits partis de leurs voix. Ce qui pose un réel problème démocratique, l’Etat (et nos impôts) ne remboursant que les campagnes des partis ayant obtenu au moins 5% des suffrages, soit en fait 4 partis seulement. Les 2 « gros » qui nous ont inondés d'affiches Ségo et Sarko dans un affichage sauvage éhonté, jouant parfois au mille-feuilles (une affiche de Ségo recouvrant une affiche de Sarko qui recouvrait une affiche de Ségo, recouvrant elle-même une affiche de Sarko, etc.), auront eu donc raison du bon sens et du débat d'idées. Et les 2 partis les plus démagos et les plus dépensiers auront condamné les petits partis à la figuration, usurpant leurs écrasantes deux premières places... Sarko et Ségo ont rassemblé par la peur, Sarko stigmatisant les uns et les autres et Ségo brandissant avec « le vote utile » le traumatisme de Le Pen de 2002 comme principal argument de campagne… Voter Royal serait encore lui donner crédit d’un vote par défaut qui ne faisait déjà pas d’elle, à mes yeux, une prétendante au deuxième tour et qui fera encore moins d’elle une présidente…

Royal a-t-elle une chance ? Je ne le crois pas. Ferait-elle une bonne présidente ? Je ne le crois pas non plus, comme je suis certain que Sarkozy en sera un mauvais. Mais elle a juste réussi, en cristallisant dès le 1er tour 80% du vote de gauche, à éliminer Bayrou qui était le seul à proposer un projet authentiquement républicain, économiquement viable, social et ouvert. Pour moi, c’est de l’aveuglement. Il eût été préférable que Madame Royal et le PS réfléchisse à cette phrase de Chateaubriand : « L’ambition dont on n’a pas le talent est un crime. »

Electeur de François Bayrou, j’ai la nausée de lire comment nos 18% sont considérés. André Santini, rallié à Sarko qui déclare que les citoyens qui se sont portés dimanche sur la candidature de François Bayrou sont pour la « moitié » d'entre eux des « électeurs indépendants prêts à repartir chez Nicolas Sarkozy » et l’autre moitié, des « bobos déçus par la gauche, parfois trotskistes, et qui ont cru trouver une échappatoire avec François Bayrou. » ; Il continue : « François Bayrou a fait la voiture-balai au premier tour. Après quoi, il va s'écrouler. Le 6 mai, il n'y aura plus personne derrière lui. »
J’aimerais qu’un jour ce patapouf de la politique tombe de sa chaire et que sa vision un peu courte et tellement convenue lui revienne tel un grand courant d'air en pleine tronche !

Quant au socialiste Pascal Terrasse, président du Conseil général de la Drôme, après l’appel du pied de Royal à Bayrou, il déclare que si Nicolas Sarkozy est élu président le 6 mai, François Bayrou sera « responsable et coupable ». Rien que ça… 2002 n’a pas suffi, s’il perd en 2007, le PS ne pensera toujours pas qu’il est responsable de sa défaite…

C’est à ces gens-là que j’ai envie de dire « M----- » !!


Je voterai blanc au second tour et je rêve que l’abstention soit élevée, qu’on y devine les électeurs non recyclables de François Bayrou, en espérant un gros score aux législatives pour que l’UDF enfin indépendante puisse jouer son rôle d’arbitre au Parlement… En attendant 2012…